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Comment traiter l'eau d'un spa gonflable : brome, chlore ou oxygène actif

Le brome tenu entre 3 et 5 mg/L dans une eau à pH 7,2 à 7,6 désinfecte un bassin à 38 °C, là où le chlore perd la moitié de son pouvoir et où l'oxygène actif s'épuise en deux ou trois jours. La marche à suivre, les doses ramenées au volume réel des spas gonflables, et les quatre erreurs qui annulent le traitement.

Par Marc
Pastilles de brome et diffuseur flottant posés au bord d'un spa gonflable fumant, éclairage de fin de journée

Le brome tenu entre 3 et 5 mg/L, dans une eau à pH 7,2 à 7,6 : c’est la réponse pour la quasi-totalité des spas gonflables, parce qu’à 38 °C le chlore perd la moitié de son pouvoir désinfectant et que l’oxygène actif s’épuise en deux ou trois jours.

Un spa gonflable cumule tout ce qui complique une désinfection. Il contient 669 à 1 100 litres pour quatre à six baigneurs, quand une piscine familiale en offre quarante mille. Sa consigne de 38 °C est la température à laquelle on cultive les bactéries en laboratoire. Et ses 120 à 170 buses d’air brassent le bassin, puis le chargent en matière organique à chaque séance. La circulaire DGS/EA4 n° 2010-289 du 27 juillet 2010, qui encadre les bains à remous collectifs, décrit ce même mélange d’eau chaude, d’eau agitée et de faible volume avant de les classer parmi les installations à risque du code de la santé publique.

Pourquoi le chlore lâche à 38 °C et pas le brome

La différence tient d’abord à une constante d’acidité. L’acide hypochloreux, seule forme réellement désinfectante du chlore, bascule vers sa forme inerte autour de pH 7,5. À ce pH, la moitié de votre chlore travaille ; à pH 8, un quart. L’acide hypobromeux, lui, bascule vers 8,7 : dans la même eau à pH 8, plus de quatre cinquièmes du brome restent actifs. Un spa dérive naturellement vers le haut, poussé par le brassage d’air, ce qui place le chlore du mauvais côté de la courbe.

La température fait le reste. Plus l’eau est chaude, plus vite le désinfectant se consomme : les fiches d’emploi des traitements au chlore posent leur limite entre 28 et 30 °C. Un spa gonflable tourne dix degrés au-dessus.

Le troisième écart se sent au nez. Le chlore réagit avec la sueur et les peaux mortes pour former des chloramines, celles qui piquent les yeux et donnent son odeur aux vestiaires de piscine. La circulaire citée plus haut leur attribue les troubles irritatifs relevés autour des bains à remous. Le brome forme des bromamines, qui gardent leur pouvoir désinfectant et ne dégagent pas cette odeur.

Reste un cas où le chlore garde du sens : les spas équipés d’un stérilisateur. L’UV-C et l’ozone montés en série sur le MSpa Muse Otium 6 places abattent une partie de la charge bactérienne dans le circuit et abaissent la dose nécessaire. Ils ne la suppriment pas, parce que ni l’un ni l’autre ne laisse quoi que ce soit dans le bassin une fois l’eau ressortie de la pompe.

Étape 1 · Réglez le TAC, puis le pH, puis seulement le désinfectant

L’ordre décide du reste. Le TAC, c’est-à-dire l’alcalinité, se cale en premier entre 80 et 120 mg/L : c’est lui qui empêche le pH de partir à la moindre dose de produit. Un TAC bas donne un pH qui saute de 7,2 à 8,2 en une nuit, et aucun correcteur ne le tiendra.

Le pH vient ensuite, entre 7,2 et 7,6. Verser du brome dans une eau à pH 8,4 reste à peu près efficace ; y verser du chlore revient à payer quatre doses pour en utiliser une. Les correcteurs pH moins et pH plus se dosent par petites quantités, moteur de filtration en marche, avec une mesure à quatre heures d’intervalle.

Le désinfectant n’arrive qu’en troisième. Trempez la bandelette deux secondes, à trente centimètres sous la surface et à l’écart de la buse de refoulement, puis lisez-la à quinze secondes montre en main : une lecture prise sur le jet donne un taux gonflé.

Vous saurez que cette étape est acquise quand deux mesures espacées de vingt-quatre heures rendront le même pH.

Étape 2 · La dose se calcule sur votre volume, pas sur un mètre cube

Les notices et les bidons parlent en grammes par mètre cube : 60 g de pastilles de brome pour la mise en route, 10 à 20 g d’oxygène actif en granulés. Votre spa n’en fait pas un. Un Lay-Z-Spa Miami 4 places contient 669 litres, un PureSpa Greywood Deluxe 6 places 1 098. Entre les deux, la dose varie de deux tiers. Une charge calculée pour un mètre cube versée dans un 4 places sature l’eau d’un tiers ; la même dans un 6 places la laisse sous le seuil utile.

Volume du bassinModèles concernésBrome, mise en routeBrome, entretienOxygène actif, choc hebdomadaire
669 à 700 LMiami 4, Camaro 4, Aspen 440 g, soit 2 pastilles de 20 g1 à 2 pastilles tous les 10 jours7 à 14 g
795 à 850 LPureSpa Olive 4, Oslo 6, Hawaii50 g, soit 2 à 3 pastilles2 pastilles tous les 10 jours8 à 17 g
916 à 930 LMilan, Palm Springs, Muse Otium 6, Montana 656 g, soit 3 pastilles2 pastilles tous les 7 à 15 jours9 à 19 g
1 050 à 1 100 LMaldives HydroJet Pro, Greywood Deluxe 6, Vita Premium66 g, soit 3 à 4 pastilles2 à 3 pastilles tous les 7 à 15 jours11 à 22 g

Les pastilles de 20 g se placent dans le diffuseur flottant livré avec le spa, ou dans le ChemConnect de Bestway, dont la molette règle le débit de dissolution. Comptez deux pastilles tous les sept à quinze jours en entretien courant, la fourchette dépendant du nombre de bains.

Ce qui coûte un bassin

Une pastille jetée au fond du bassin décolore le liner en PVC laminé à l’endroit exact où elle se pose, puis l’amincit jusqu’à la fuite. C’est la casse la plus fréquente sur ces spas, et elle n’est couverte par aucune garantie.

Vingt-quatre heures après la mise en route, la bandelette doit afficher 3 à 5 mg/L de brome. Si elle affiche zéro, la réserve de bromures n’est pas encore constituée : rechargez une fois la dose de départ plutôt que d’augmenter l’entretien.

Étape 3 · Le produit ne travaille que pendant que la pompe tourne

La circulaire de 2010 demande, pour un bain à remous collectif, que le volume entier passe au moins deux fois par heure dans le circuit de traitement. Aucune pompe de spa gonflable n’y parvient.

MarqueDébit de filtrationVolume typeRenouvellements par heure
NetSpa1 200 L/h1 100 L (Vita Premium)1,09
Bestway1 325 L/h916 L (Milan)1,45
Intex1 741 L/h1 098 L (Greywood Deluxe 6)1,59
MSpa1 800 L/h930 L (Muse Otium 6)1,94

Et ces chiffres supposent la pompe en marche. Réglée sur deux cycles de deux heures, la filtration tourne quatre heures sur vingt-quatre : le bassin voit alors six renouvellements par jour au lieu des quarante-huit d’une installation collective. Une pastille placée dans un diffuseur ne se dissout que dans l’eau qui bouge, et un correcteur de pH versé pompe éteinte reste en nappe au fond.

Huit à douze heures de filtration par jour en été règlent la question. Une pompe de 35 W consomme 0,42 kWh sur douze heures, soit huit centimes au tarif réglementé de 0,2001 € le kilowattheure, et 2,50 € sur un mois. C’est le poste le moins cher du spa, très loin derrière le maintien en température.

La circulaire le formule autrement : la désinfection se fait bassin en eau, même quand personne ne s’y baigne.

Le réglage est bon quand une pastille de 20 g disparaît en sept à quinze jours. Retrouvée entière au bout de trois semaines, elle indique une filtration trop courte, pas un produit défectueux.

Les quatre erreurs qui annulent tout le reste

Mélanger chlore et brome dans le même bassin est la seule interdiction absolue de cette liste. Les deux produits se neutralisent, et la réaction peut dégager des vapeurs irritantes. Un changement de traitement passe par une vidange complète.

Traiter à l’oxygène actif seul revient à recommencer tous les deux jours. Ce produit oxyde la matière organique sans laisser de rémanence : consommé, il ne protège plus, et un bassin à 38 °C se recharge en une nuit. Sa place est ailleurs, en choc hebdomadaire sur un fond de brome, dont il réactive les bromures déjà dissous.

Lancer les bulles trente minutes avant le bain dégaze l’eau et fait chuter le taux mesuré. Le souffleur envoie aussi l’air du jardin dans le bassin, avec ses pollens et sa poussière. Mesurez avant la séance de bulles, pas après.

Laisser la cartouche en place trop longtemps transforme le filtre en réservoir. La circulaire signale les filtres comme des niches à Legionella et à Pseudomonas aeruginosa, et une cartouche saturée relargue dans le bassin ce qu’elle avait retenu. Rincez-la tous les deux à trois jours au jet, remplacez-la toutes les trois à quatre semaines en usage familial d’été.

Étape 4 · Le contrôle qui dit que c’est bon, et celui qui dit que c’est raté

Deux bandelettes par semaine suffisent, plus une avant chaque soirée à plusieurs. Les trois valeurs à lire : brome entre 3 et 5 mg/L, pH entre 7,2 et 7,6, TAC entre 80 et 120 mg/L. Les trois dans la fenêtre, l’eau est traitée.

Un taux tombé à zéro le lendemain d’un dosage correct signale une eau qui consomme plus que vous n’apportez, presque toujours après une soirée à six. La réponse tient dans un choc à l’oxygène actif, qui brûle la charge organique accumulée. Doubler la dose de pastilles ne ferait que remonter le taux pour vingt-quatre heures.

Une eau laiteuse avec des taux corrects vient du calcaire, pas du désinfectant : reprenez le TAC et le pH avant d’ajouter quoi que ce soit.

Des boutons rouges apparus dans les plis de peau et sous le maillot, vingt-quatre à quarante-huit heures après le bain, désignent une folliculite à Pseudomonas aeruginosa. La circulaire fixe pour cette bactérie un seuil de moins de 1 UFC pour 100 mL et en fait son indicateur de dysfonctionnement du traitement. À ce stade, on ne rattrape pas l’eau : vidange, nettoyage des parois, cartouche neuve.

Quand vidanger, et où part cette eau

L’intervalle de vidange se calcule sur le volume et la fréquentation. Divisez le volume en litres par onze fois le nombre moyen de baigneurs par jour, et vous obtenez un nombre de jours. Cette règle vient du métier du bain à remous, où elle s’écrit en gallons ; ramenée en litres, elle donne directement votre échéance.

Un bassin de 930 litres utilisé par deux personnes chaque jour tient 42 jours. Le même, rempli quatre fois par jour lors des vacances, tombe à 21. Un PureSpa Olive 4 places de 795 litres à deux baigneurs quotidiens vaut 36 jours. La fourchette d’un à deux mois des notices recouvre ces écarts sans les expliquer.

Quatre situations imposent la vidange sans attendre l’échéance : une eau qui perd sa transparence, un taux de désinfectant nul sur deux mesures consécutives, une panne de filtration et la folliculite décrite plus haut.

Reste la destination. Cette eau part aux eaux usées, jamais au caniveau ni sur les plantations tant qu’elle contient du désinfectant. Arrêtez le traitement quarante-huit heures avant, laissez le couvercle ouvert, puis vérifiez à la bandelette que le taux est retombé à zéro avant d’ouvrir la vanne. Le service d’assainissement de votre commune dit ce que son réseau accepte, et la réponse n’est pas la même partout.

Questions fréquentes

Quel taux de brome faut-il tenir dans un spa gonflable ?

Entre 3 et 5 mg/L, mesuré à la bandelette deux fois par semaine, avec un pH maintenu entre 7,2 et 7,6 et un TAC entre 80 et 120 mg/L. En dessous de 3 mg/L, le brome résiduel ne suffit plus à tenir une eau à 38 °C brassée par des buses d'air. Au-dessus de 5 mg/L, l'eau pique les yeux sans désinfecter davantage. La mise en route demande une charge plus forte, de l'ordre de 60 g de pastilles par mètre cube, pour constituer la réserve de bromures que les pastilles suivantes viendront réactiver.

Peut-on traiter un spa gonflable au chlore ?

Oui, mais au prix d'un contrôle quotidien. L'acide hypochloreux, forme active du chlore, bascule vers sa forme inerte autour de pH 7,5 : à pH 8, il n'en reste qu'un quart d'actif. La chaleur accélère sa consommation, et les fiches d'emploi de ces produits posent leur limite entre 28 et 30 °C, soit dix degrés sous la consigne d'un spa. Le chlore produit aussi des chloramines au contact de la sueur, responsables de l'odeur et des yeux rouges. Il ne faut jamais le mélanger au brome dans le même bassin.

L'oxygène actif suffit-il seul pour un spa gonflable ?

Pas au-delà de deux ou trois jours. L'oxygène actif oxyde la matière organique sans laisser de rémanence : une fois consommé, il ne protège plus rien, et un bassin à 38 °C se recharge en bactéries en une nuit. Son bon emploi est le traitement de choc hebdomadaire sur un fond de brome, dont il réactive les bromures déjà présents dans l'eau. Employé seul, il impose un redosage tous les deux jours et une vidange rapprochée, ce qui revient plus cher qu'un traitement au brome.